Tomber en amour pour Montréal

Par Stéphanie Giacomotto

Je suis tombée en amour pour Montréal, la belle métropole québécoise il y a 15 ans déjà. Au fil de mes voyages réguliers, mensuels, de mes rencontres … mon attrait pour cette jolie cité n’a cessé de grandir.

J’aimais errer dans le Mile End et admirer les nombreuses bâtisses à 2 ou 3 étages aux escaliers si caractéristiques, découvrir les jardinets, monter jusqu’à son voisin Little Italy et déguster les spécialités locales au marché Jean Talon.

J’aimais magasiner rue Ste Catherine, les nombreux shops locaux n’avaient plus aucun secret pour moi. J’aimais ce mélange d’ancien et de moderne qui faisait de Montréal une ville si particulière. J’aimais cet art de vivre, la gentillesse des montréalais, les déjeuners en terrasse rue St Denis, les balades dans le Vieux Montréal – ses rues pavés, son authenticité, son incroyable basilique Notre Dame de Montréal et son patrimoine historique .

J’aimais la vie nocturne si unique et si animée dans Le Village. J’aimais cette incroyable vue sur toute la cité québécoise depuis l’observatoire du Mont-Royal.

Et puis Montréal je suis restée longtemps sans te revoir. Il y 2 semaines je suis revenue – enfin – après tant d’années … non sans appréhension … La ville avait-elle changée? Allais-je y retrouver tout ce qui m’avait émerveillée ? Ce coup de cœur se ferait-il sentir de nouveau ?

Tous mes doutes furent dissipés en un rien de temps : Montréal il y fait toujours aussi bon vivre. J’ai re-découvert les petites ruelles, la place Jacques Cartier et ses animations, en scooter électrique la montée au Mont Royal fut moins périlleuse mais la vue au coucher du soleil tout aussi splendide. J’ai retrouvé l’université Mc Gill et son fourmillement d’étudiants. J’ai re-visité la ville grâce à sa gastronomie, bagels, poutines, smocked meat ou tout autre délice salé. J’ai admiré Montréal lors d’une croisière sur le Saint Laurent et assisté au fabuleux spectacle Luzia du cirque du Soleil sur le Vieux-Port.

Montréal avec toi je suis re-tombée en amour.

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CHEZ LES NENETS : RENCONTRE EN TERRE INCONNUE

Par Julia Snegur / Péninsule de Yamal / Les Nénètses (parfois orthographié Nenets)

Après l’émission télévisée « Rencontre en terre inconnue » où Charlotte de Turckheim partageait la vie des Nenets, NORD ESPACES  a organisé une exposition des photographies de Sergei Annissimov, auteur des plusieurs ouvrages et lauréat de concours du National Géographique pour ses photos consacrées aux nomades Nenets. Depuis plusieurs personnes nous ont contactés pour vivre cette expérience.

Déjà il y a une dizaine d’années, je me suis rendue en Tchoukotka pendant l’hiver pour rencontrer des éleveurs de rennes tchouktches qui ont un mode de vie similaire aux Nenets (à ne pas confondre avec les tchouktches « côtiers », chasseurs de mammifères marins). J’ai gardé un petit malaise après ce voyage organisé par l’administration de la région avec l’objectif d’amener du tourisme dans ses contrées pour dynamiser l’économie de la région : autant 1000 km en motoneige à travers la toundra, les lacs et les montagnes était une expérience fascinante pour notre groupe international d’écrivains, de journalistes et de tour–opérateurs d’aventure, autant débarquer en force en délogeant une famille de leur Tchoum (leur tente traditionnelle) pour plusieurs nuits m’avait laissé un arrière-goût. Depuis je me suis obstinée pour commercialiser ce type de voyage avec respect.

Analysant à plusieurs reprises mes divers ressentis et ceux des tchouktches avec qui j’ai pu communiquer (ils parlent tous le russe),  j’ai enfin trouvé le concept que je juge moralement gagnant pour tous et qui a fait ses preuves.

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Les éleveurs de rennes à Tchoukotka

Tout d’abord, les groupes doivent être petits, microscopiques même pour permettre de s’intégrer ! 4 personnes c’est bien.

Ce grand voyage – qui n’est pas un- , a pour centre l’Humain, l’expérience de vie et le partage avec les autres. Le but de votre voyage n’est donc pas de « voir comment ils vivent », mais d’arriver à établir un véritable contact ; d’arrêter d’être entre vous mais d’être avec eux. C’est quand on est peu nombreux que les mystères se découvrent. Les sociologues savent que les simples proportions mathématiques font de vous ou un envahisseur, ou un invité, ou un ami…  On sait que les petites brigades d’éleveurs comptent 2-3 familles, soit au total environ 8 -12 personnes.

Deuxième point important le traducteur ne suffit pas.

Il faut que quelqu’un soit médiateur et crée un lien. Éventuellement l’un des leurs qui vous présente et vous intègre la vie de la communauté. J’ai la chance de pouvoir m’appuyer sur deux personnes de confiance : la première issue du milieu universitaire de Moscou parlant parfaitement le français et la seconde, un guide local d’origine Nenets. Les deux hommes travaillent ensemble depuis des années.

Troisième chose, il faut à tout prix éviter de vous tromper du voyage.

Vous devez intégrer d’office que vous n’êtes pas le Client Roi comme en ont l’habitude les vacanciers en Occident, mais vous êtes un visiteur, un voyageur que les Nenets ont bien voulu prendre sous leur toit pour partager des moments de vie avec eux. Oubliez donc votre confort habituel, les loisirs dont vous avez l’habitude, vos téléphones portables et vos plats préférés.

Enfin, soyez patient.

Vous êtes un étranger et vous allez être observé pendant une journée ou deux. Les enfants vous éviteront et les sourires n’arriveront pas tout de suite. Dans ces contrées, on ne sourit pas sans raison. Il ne faut pas chercher à briser la glace, il faut atteindre qu’elle fonde.

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Ne les regardez pas comme des sauvages quand ils vont déguster la viande crue d’un renne fraichement tué, les enfants rouges comme de petits louveteaux. Partez en Méditerranée si vous êtes un végétarien convaincu. Là-bas, des fruits, des légumes et de l’huile d’olive, ici la viande crue pour avoir les apports nécessaires aux corps humains et survivre dans des conditions extrêmes ;

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Si vous ne supportez absolument pas le froid, choisissez un autre voyage. La température varie de +25 °C à l’intérieur des tentes à -30 °C à l’extérieur (en mars). Le matin quand vous ouvrez votre Tchoum des vapeurs s’échappent ; vous êtes entourés de brume et durant quelques instants vous ne voyez qu’elle.

A la longue, aucun vêtement n’est plus efficace que les vêtements traditionnels de Nenets. C’est la raison pour laquelle les clients Nord Espaces qui sont partis cette année 2016 n’ont jamais quitté les vêtements prêtés par les Nenets jusqu’à la fin de leur séjour.

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Si vous avez des idées arrêtées sur la politique russe, évitez au moins d’en parler mais vous pouvez poser délicatement la question et gardez vos commentaires pour vous.

Si vous voulez partager, ils apprécieront les fruits, mêmes secs, des noisettes. Évitez l’alcool, c’est évident. Les hommes apprécient les couteaux, et …. les petites clochettes pour leurs rennes – je m’approvisionne dans boutiques dédiées à la voile -, mais vous pouvez aussi penser aux masques de ski.

              Des aurores boréale peuvent être surprenantes, loin des villes et de villages. Autrement le ciel parsemé d’étoiles est magnifique.

Si je voulais résumer l’attitude essentielle à adopter pendant ce voyage ce serait : n’attendez rien, mais appréciez chaque chose.

Enfin aucun voyageur ne sera inscrit pour ce voyage sans échange préalable autant pour l’intéressé que pour moi qui gère l’organisation.

Et voici quelques photos prise après la « fonte de glace » :

A la découverte de Kaliningrad

Par A. Girot

Ce petit texte est destiné à remercier l’équipe Nord Espaces pour sa connaissance des destinations proposées et la qualité de sa relation dans la construction de voyages un peu hors normes sur des destinations qui semblent pourtant classiques.

Nous avons eu l’occasion d’effectuer en famille un voyage très original qui a combiné la découverte de la Lituanie avec celle de l’enclave russe de Kaliningrad, l’ex Königsberg. Nous étions 4 adultes et deux enfants, accompagnés d’une guide Nord Espaces tout au long de notre périple. Nous nous sommes déplacés en minibus privatisé et des guides spécialisés sont venus nous apporter leurs connaissances spécifiques sur certains lieux.

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Si la découverte de Vilnius, point de départ, a été classique, avec un hébergement de grande qualité et original (hôtel Shakespeare) la suite du voyage a été de plus en plus originale : à la découverte de la charmante ville de Kaunas, ont succédé en plein cœur de la forêt lituanienne et quasi inaccessible la visite du musée de la Propagande situé dans une ancienne base nucléaire des forces soviétiques, Palanga s’étalant le long des plages de sable de la Baltique et offrant au visiteur son musée de l’ambre et de somptueux couchers de soleil sur la Baltique. Puis ce fût la presqu’île de Courlande, un lieu magique et protégé, tout en douceur, paisible. Une promenade en forêt permet d’admirer de superbes sculptures traditionnelles sur bois, une sortie sur les dunes permet d’apercevoir la frontière de l’enclave de Kaliningrad au loin … Un lieu un peu hors du temps, entre maisons traditionnelles, nature (un petit renard est venu se joindre à notre dîner sur la terrasse de la maison que Nord Espaces nous avait réservée).

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Enfin, cela a été l’entrée dans l’oblast de Kaliningrad (formalités passées sans encombre) et la découverte de l’inconnu a vraiment commencé avec la visite de la plus grande mine d’ambre qui soit ; les enfants (et les adultes) ont pu s’amuser à rechercher de l’ambre dans le sable avant d’entrer dans Kaliningrad ; quelle ville curieuse, intéressante, et sans équivalent : complètement rasée par les bombardements anglais en 1945, les quelques ruines qui restaient ont été anéanties par l’Armée Rouge. En plein centre-ville, ce sont donc des barres d’immeubles soviétiques tristes et sans âme qui côtoient une magnifique reconstitution de la cathédrale de Königsberg abritant le tombeau (vide et nous avons appris pourquoi et comment) de Kant, le philosophe qui fait le pont entre la culture prussienne et la culture russe, et des constructions nouvelles très typiques et agréables le long du fleuve Pregolia (russe) ou Pregel (allemand). Logement de charme très bien situé qui permettait de découvrir à pied la ville même si celle-ci ne se prête pas toujours à la marche. Cette ville ravira les amateurs d’histoire ou d’urbanisme.

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De là, nous sommes partis à la découverte de ce territoire méconnu qu’est l’enclave de Kaliningrad où eurent lieu des batailles entre français conduits par Napoléon (Eylau, Friedland) avant la signature du traité de Tilsitt sur le Niémen que nous avions eu l’occasion de voir à Kaunas. Toute cette terre est chargée d’histoire et les guides spécialistes que nous avons eu nous ont permis de nous y retrouver, puisque tous les noms ont changé, Tilsitt étant devenue Sovestk par exemple, cette ville étant intéressante au demeurant – et nous ayant permis de faire des achats.

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Les hôtels que Nord Espaces nous avait réservés était d’un bon niveau de confort, agréables, proposant une cuisine souvent plus subtile qu’il y parait (à Gusev par exemple) et étaient le point de départ d’excursions intéressantes (quelques musées locaux permettent des découvertes originales).

De l’enclave de Kaliningrad, nous sommes remontés au nord et après avoir rapidement vu la Colline aux Croix qui constitue un point d’arrêt obligé de tout circuit passant par ici, nous avons filé sur Riga ou Nord Espaces a même réussi à nous faire entrer dans l’université centrale pour y découvrir un musée inconnu de la plupart des visiteurs, dédié à un scientifique dont les calculs des mouvements des planètes et des moteurs servent aujourd’hui toujours à la Nasa, mais surtout un panorama sur la ville inoubliable depuis les toits auxquels nous avons eu accès.

Je ne peux donc qu’encourager chacun à aller à la découverte de ces territoires en n’hésitant pas à sortir des sentiers battus : grande sécurité, intérêt évident, accompagnement spécialisé, ce voyage aura été une réussite totale.

Islande : Les Îles Vestmann – la Pompeï du Nord

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Par Natacha (Responsable de la destination Islande chez Nord Espaces)

Quand les volcans s’éveillent, ils créent des terres nouvelles. Ils créent une histoire, un relief. Ils détruisent aussi, souvent. L’Islande vit ces phénomènes depuis toujours. Ce sont d’ailleurs eux qui l’ont formée et qui la font grandir un peu plus chaque année.
C’est ainsi qu’en 1963, l’une des plus jeunes îles au monde est apparue. C’est ainsi qu’en 1973, la petite ville de Heimaey a disparu en grande partie sous la lave et les cendres. Cette histoire si récente et si extraordinaire m’a donné envie de me rendre aux îles Vestmann, la Pompeï islandaise.

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Nous sommes en plein hiver, la météo n’est pas vraiment avec nous… mais n’en ressortira qu’une image encore plus impressionnante de l’archipel. Nous quittons Reykjavik sous un joli ciel bleu et pourtant notre avion décolle un peu en retard car le vent souffle aux Vestmann – nous attendons leur feu vert et finiront par partir une demi-heure en retard. Après une vingtaine de minutes en vol, nous apercevons des pics de terre sombres sortant de l’eau, sous un ciel menaçant. Ambiance! On se sent un peu comme dans un film, c’est si beau.

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A l’atterrissage, notre guide Alfreð nous attend. Alfreð est un islandais avec l’humour délicieux que nous leur connaissons tant, nous n’allons pas nous ennuyer! Mais surtout, Alfreð a vécu les événements de la nuit du 23/01/1973 qui ont secoué toute l’Islande. Il rendra l’histoire vivante et nous aurons presque le sentiment d’y avoir été. Il nous raconte cette nuit où, à 14 ans et après avoir vécu toute son enfance ici, il a cru voir son école prendre feu puis a dû se rendre dans l’un des bateaux de pêche qui l’emmènera loin de sa terre, peut-être pour toujours, avec les 5300 autres habitants de l’île. Ils s’installeront alors dans leur maison de vacances, dans l’est de l’Islande.

Il se souvient de tous les détails de cette soirée :

« En entendant les sirènes des pompiers, j’ai regardé dehors et j’ai vu des flammes au niveau des fenêtres de mon école. C’était le reflet de l’éruption, mais j’ai pensé que l’école avait pris feu. Je me suis alors dit « ouf, je n’avais pas révisé mon contrôle pour demain! ». Mais mon père est finalement venu nous chercher, m’a expliqué qu’il s’agissait d’une éruption et que nous devions tout quitter, tout de suite. »
L’éruption durera 6 mois et seuls quelques volontaires, tentant de repousser les coulées de lave à grand coup d’eau, y remettront les pieds pendant ce lapse de temps.

Nous continuons la visite de l’île, passant des plus jolies vues sur les falaises noires et la mer, aux sites de festivals estivaux ou encore aux stades de football où les enfants viennent de toute l’Islande disputer des matchs chaque année. Nous nous arrêtons à une reconstitution d’habitat viking typique, où l’on peut apercevoir la salle de restaurant ou encore l’immense chambre abritant toute une grande famille.

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Et tout en continuant à rouler dans ces paysages aux couleurs typiques des zones volcaniques, Alfreð continue à nous raconter son histoire :
Après l’évacuation, ne supportant pas l’idée de ne pas pouvoir dire au revoir à sa maison, il élabora un plan. Il prit avec un ami un survol de l’île et, une fois au-dessus de Heimaey, dit au pilote qu’il devait à tout prix descendre pour aller aux toilettes. Contre toute attente, le pilote accepta de les déposer sur l’île. Il prit un masque à gaz (sa maison était quasiment irrespirable comme une grande partie de la ville) et pu dire au revoir à chaque pièce de sa maison, une par une. Il ne put rester que quelques heures sur place avant de se faire reconduire, mais le plus important avait été fait. Cette maison n’existe plus, il en habite maintenant une autre.

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Au fur et à mesure que nous avançons, Alfreð nous explique : « vous voyez cette montagne là-bas ? C’est ici que j’allais jouer quand j’étais petit. Le sol était alors bien plat… car la montagne n’existait pas encore en 1972. Et cette autre montagne ? C’était tout simplement la mer auparavant ». Et en gardant l’esprit positif typiquement islandais de nous faire remarquer que la montagne surplombant la mer est finalement devenue un atout pour leur port, qui est aujourd’hui beaucoup mieux protégé des vents.

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Après un excellent déjeuner de poisson au restaurant Einsi Kaldi, nous partons en direction du tout nouveau musée Eldheimar (avec audioguide en français !). Le thème principal est bien sûr l’éruption de 1973 puisqu’on y trouve une maison ayant été déterrée, alors qu’elle était sous 16 mètres de cendres ainsi que de très impressionnantes photos prises lors de l’éruption. La maison en question a été découverte plus de 30 ans plus tard et un film a été tourné pour l’occasion. Encore une belle manière de ressentir l’histoire moderne des lieux.

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A l’étage, on trouve également des informations sur la naissance de l’île de Surtsey suite à l’éruption précédente, en 1963. Cette toute petite île d’1,41 km² est connue non seulement en Islande mais aussi à travers le monde entier puisqu’elle a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2008. Elle est une vraie mine d’or pour les scientifiques, qui peuvent y étudier la manière dont la vie s’installe sur une terre complètement vierge, à travers les plantes notamment. Il est interdit à toute autre personne de s’y promener, mais on peut l’apercevoir de Heimaey par temps clair.

Avant de repartir, deux escales supplémentaires s’imposent à nous : la visite du tout nouveau supermarché Bonus, qui ouvre aujourd’hui ses portes – c’est ici que nous aurons vu le plus de monde ! – et un détour par le (tout petit) aquarium. Cette dernière étape ne trouve pas vraiment son intérêt dans les bassins et poissons, mais bien par sa mascotte, un macareux. Il a été recueilli lorsqu’il était tout petit pour le protéger de l’hiver qui arrivait, mais au moment de le libérer il n’a jamais voulu repartir. Notre nouveau petit copain n’est pas farouche, il est un peu le maître des lieux ici. Il se laisse caresser et prendre dans les bras sans broncher. Mais l’heure tourne et nous devons déjà repartir pour notre avion, qui nous attend pour le retour vers la capitale islandaise…

Partez en Islande et faites un stop dans les Iles Vestmann, c’est ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rêve de laponie

De Laurent D.

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Si, quand nous sommes enfants, le rêve des garçons est généralement de devenir pompier et celui des filles institutrice, je ne sais pas expliquer pourquoi le mien c’était d’aller en Laponie… chose que j’ai faite pour la première fois en 2004 – j’avais 32 ans – avec Nord Espaces.

A l’époque, je ne me souviens plus quelles étaient les raisons qui m’avaient fait choisir cette agence ; aujourd’hui, alors que je viens de terminer mon 7ème séjour de ski de fond en Laponie finlandaise avec Nord Espaces, je sais pourquoi je sollicite ses services : parce que je suis un client chiant qui a des critères sélectifs non négociables et que Nord Espaces arrive à toujours me satisfaire ! Ces critères sont en eux-mêmes plutôt simples – en apparence du moins :
– aller dans un endroit qui soit situé au-delà du Cercle Polaire Arctique (Norvège, Suède ou Finlande),
– au moins 150 km de pistes de « skating » doivent être disponibles,
– l’endroit doit être différent de ceux que j’ai précédemment visités.
Logiquement, ce dernier critère suscité complexifie beaucoup la donne au fil des séjours qui passent…

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Du 13 au 21 janvier 2016, je me suis retrouvé à Sallatunturi (160 km à l’est de Rovaniemi et à 30 km de la frontière Russe), une nouveauté toute fraîche du catalogue. Parlant de fraîche, c’était aussi le cas des températures : j’y ai battu mon record personnel. Le précédent datait de début février 2006 à Levi (170 km au nord de Rovaniemi) avec -29°C durant toute une journée, cette fois-ci j’ai eu -31°C le mercredi 20 janvier ! Plus il fait froid et plus j’aime ça.

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Dans de telles conditions, je prends réellement mon pied à parcourir une bonne vingtaine de kilomètres en ski de fond (précisons toutefois que j’ai alors 3 couches de vêtements sur les membres inférieurs et 4 sur les supérieurs).

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La neige – toujours abondamment présente en cette période – rend les paysages magnifiques (cf. photos 1 et 2), et à de telles températures le givre prend place sur les cheveux, cils et sourcils (photo 3). Lorsque le ciel est dégagé, on retrouve l’ambiance colorée typique du « kaamos » (photo 4), cette période de pénombre mystérieuse des régions polaires durant laquelle le soleil reste en-dessous de l’horizon. Et quand il est au-dessus, il reste très bas même à mi-journée (photo 5, prise à 13h). La nuit n’est jamais loin…

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Enfin, avec un peu de chance, ces latitudes permettent d’observer un phénomène naturel magnifique : les aurores boréales (photo 6). Il faut savoir faire preuve de patience car certaines conditions (inhérentes à l’activité solaire et à la météo) doivent être réunies ; et si c’est le cas, alors habillez-vous chaudement : imaginez que vous allez li-tté-ra-le-ment vous mettre dans votre congélateur pendant environ 45 minutes à 1 heure – voire plus – et que vous allez peu bouger, ça va forcément finir par piquer ! C’est un amoureux du froid qui vous le dit.

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Merci Nord Espaces.

MAGIE DE GLACE / LAC BAÏKAL EN HIVER

Par J. Snegur

Ouvrez les yeux, et laissez-vous emporter vers l’infini :

Hiver en Russie, Sibérie, Baïkal, … (Février 2015)

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Extraits

Et c’est en hiver que la magie opère totalement, durant l’hiver sibérien. Pourquoi ? Parce qu’il y a une esthétique unique que le Baïkal ne livre qu’en hiver : après les tempêtes de fin d’année, le lac saisi par la glace et le froid scintille sous la brume du jour timide et semble figé dans l’hiver sibérien : des blocs de glace pure et transparente, s’entassent à l’infini sur toute la surface du Baïkal balayée par le vent ; partout des lignes semblent découper la « banquise », partout des craquelures, des fentes, des plis que le hasard, les vents, les amas de neige ont voulu cet hiver-là, pour créer un paysage unique et éphémère auquel succèdera un autre, à la fois semblable et totalement différent, l’hiver suivant. Bienvenue au Royaume de Glace !

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Reconnaitre un voyageur d’un habitant des bords du Baïkal est facile : il suffit de regarder comment le personnage évolue sur la glace, en plein milieu du lac, en ayant conscience que sous ses pieds, il y a la noirceur des profondeurs du Baïkal … Le voyageur sera amené généralement par un véhicule 4×4 qui empruntera la Route de Glace, une création humaine qui slalome entre congères et blocs de glace et qui a été baptisée ici « zimnik » ; c’est un signe du mélange des religions et des croyances qui apparait là : entre christianisme, islam, bouddhisme, il y a de la place pour un rapport à la nature empreint de respect et d’affection. Zimnik va donc vous emmener sur la glace, entre escarpements blancs formés par les tempêtes et vastes étendues balayées les vents, dépassant des bateaux pris par les glaces et attendant la débâcle, des cabanes de pêcheurs installées le temps de la saison froide sur la glace, et des panneaux de signalisation tout aussi éphémères que les services publics ont planté dans la glace.

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On ne se lasse pas de l’immensité, du sentiment de bout du monde, de la pureté de l’air, des formes incroyables prises par la glace, de la vie que l’on devine sous ses pieds et sous la glace quand on devine le passage d’un poisson…  Parce qu’il existe une vie incroyable dans ce lac gelé ! Une vie que l’hiver sibérien et ses -26°C en janvier (-15 en moyenne en hiver) n’empêche pas de prospérer : inscrit depuis 1996 sur la liste du Patrimoine de l’Humanité de l’Unesco pour sa richesse écologique, le Lac Baïkal abrite 1.550 espèces animales différentes dont 250 espèces de crevettes s’y côtoient et le super prédateur du lac – ou prédateur alpha situé tout en haut de la chaine alimentaire et n’est la proie d’aucune autre espèce animale – est le nerpa … la seule espèce de phoque au monde à vivre en eau douce : avec sa taille de 1,30 m c’est la plus petite espèce de phoque au monde ; ses longues griffes très spécifiques lui servent à s’accrocher à la glace en hiver pour extirper ses 50 kilos de l’eau glacée. On le rencontre dans la partie nord du Lac BaÏkal et c’est une rencontre qui est toujours étonnante.

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Vous découvrirez l’omoul, LE poisson comestible du BaÏkal et le délice des pêcheurs locaux.

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Ici il est mangé sous toutes les formes : à la vapeur, frit, grillé, séché, mais le plus souvent … accompagné d’un verre de vodka. Peu importe d’ailleurs pour le voyageur dont l’attention se fixera sur le rose délicat que prennent les montagnes alentours dans l’après-midi sous la lumière rasante du soir sibérien, environné d’un blanc immaculé. 

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Vous l’avez compris : le défi du voyageur sera de réussir des photos pour saisir ce qui est à la fois unique et éphémère ; la lumière de Sibérie, les reflets de la glace, les « torossi » ces immenses plaques de glace verticales qui ne sont pas sans rappeler l’abri de Superman, les grottes laissant apparaitre des stalactites translucides, le bleu du ciel contrastant avec le blanc infini au sol, … Mais il y aura aussi les reflets des voyageurs dans la glace, parfois déformés comme dans des miroirs de fête foraine, parfois spectaculairement purs …

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La Sibérie …

C’est aussi la taïga, cette forêt immense et où peu d’hommes s’aventurent ; vous préfèrerez une motoneige adaptée, fiable et bien entretenue, peu polluante d’ailleurs, au cheval de Michel Strogoff. Prenez un peu de temps pour aller voir la prouesse technique que représentait la construction du transsibérien qui passe par le Lac Baïkal mais aussi l’île Olkhon, la seule île habitée du lac Baïkal (depuis 13.000 ans), par une population majoritairement bouriate. Olkhon est un musée à ciel ouvert avec ses 143 monuments archéologiques, ses nombreuses légendes et un mode de vie préservé, puisque l’électricité n’y est distribuée que depuis une dizaine d’années. Vous cheminerez entre de petites izbas en bois aux fenêtres comme brodées à l’ancienne.

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Vous découvrirez les banias qui vous ouvriront leurs portes pour vivre cette expérience incontournable de la culture russe, mélange de sauna finlandais et de bain de vapeur turc dont l’accessoire indispensable est le venik, un faisceau de petites branches de bouleau dont on se sert en se frappant – doucement – tout le corps pour mieux se nettoyer et faire pénétrer le parfum du bouleau dans la peau.

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Ici, au cœur de la Sibérie, toutes les images s’entremêlent : l’ivresse de la nature sauvage, la pureté du lac Baïkal, les religions qui embrassent les légendes, l’austérité du quotidien, le luxe des saveurs qui n’ont guère besoin d’une étiquette Bio, la médecine séculaire des plantes de la taïga, la dureté des hommes qui choisissent de vivre là et leur gentillesse. On est loin ici des images de la Sibérie froide et inhospitalière.

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J. Snegur ©